Ce week-end où je n’étais pas là

Cela faisait un moment qu’on l’avait planifié ce week-end. 4 vieilles copines qui partent 2 jours à la campagne. 4 vieilles amies qui se voient peu et ont du temps à rattraper ensemble.

Vendredi soir, je suis la dernière arrivée, hop on prend vite la route direction une maison perdue dans les bois dans le Perche. On papote, on rigole tout le trajet, la vie est belle… On arrive vers 23h, je sors mon tel pour le ranger sachant que là-bas je ne capte rien. Aucun réseau. Mais pendant le trajet sont arrivés des notifications de messenger que j’ai le temps d’apercevoir… je lis “ça va ? fusillade… ? Je ne comprends pas bien, j’essaye de lire mais les messages ne s’affichent pas, aucun réseau. Une des filles- qui capte un peu- reçoit plein de textos lui demandant comment elle va. Elle habite juste à coté d’une fusillade. On ne comprend toujours pas vraiment. Alors on décide d’allumer la télé. On découvre l’horreur… On regarde, c’est surréaliste. On assiste à l’enfer du Bataclan.

Et puis, que fait-on ? On pleure tout le weekend ou on continue à vivre ? Nos familles sont en sécurité. Le choix est vite fait, on va profiter dans la mesure du possible.  Le fait de ne pas avoir de réseau nous a laissé dans une semi-bulle… Le lendemain on part se promener, je prends mon téléphone pour faire des photos de cette jolie campagne. D’un coup, on récupère du réseau, ça vibre de partout, des textos, des messages arrivent. Tous mes amis qui s’inquiétaient car j’aurai pu être au Bataclan. Concert et rock/metal, c’est moi… Mon homme a pu les rassurer via FB, pour une fois je vois un bon coté aux réseaux sociaux.

Sans qu’on se dise quoi que ce soit, on continue notre we de filles, par moment on regarde un peu les infos car une fois que l’on sait  ce qui est arrivé, impossible de faire comme si rien n’était arrivé. Mais on est là, on est heureuses d’être ensemble, on continue à vivre normalement. On fait des balades, on papote, on va au spa, on mange, on picole un peu quand même, on rigole. Oui, on rigole. On déconne, on oublie les atrocités, car la vie continue…

Le retour à Paris m’a vite ramenée à la réalité, mon bus se trouve pris dans une fausse alerte et au vu de la panique immédiate des gens, je comprends mieux l’ambiance qu’il y a du avoir ce weekend. J’étais plus que contente de pouvoir serrer ma famille dans mes bras.

En me réveillant ce lundi matin j’ai un goût amer, je suis triste, la bulle dans laquelle j’étais n’est plus là. Mais on repart, on reprend la quotidien, on vit. Surtout, surtout, on ne s’arrête pas. Il y a des belles choses dans ce monde, ce week-end sous le signe de l’amitié en est une et m’en a fait prendre pleinement conscience. A nous de faire en sorte de continuer a rendre ce monde meilleur…

lac

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