La blessure enfouie

Il y a ces blessures qui mettent du temps à guérir. Il y a ces blessures qui vous changent à tout jamais. La perte de notre petite fille à 6 mois de grossesse il y a un peu plus de 2 ans a surement été l’épreuve la plus difficile à combattre, la blessure la plus lente à guérir pour moi. Il y en a eu d’autres, comme le décès de mes grands-parents ou de mon père, mais celle-ci a été la plus longue à cicatriser. Depuis, la vie a repris son cours normal et joyeux… On pense à elle, souvent, on ne l’oublie pas bien sûr, d’ailleurs on ne l’oubliera jamais. Quand je pense à elle, un soupçon de tristesse, de nostalgie, de peine m’envahit, quelques instants, et la vie reprend son cours.

Je pensais avoir oublié tous les moments difficiles, les jours, les heures entre l’annonce de ses poly-malformations et l’accouchement. A vrai dire, je n’y pensai plus du tout. Et puis une blogueuse que je connais a malheureusement vécu une situation similaire. Et tout est remonté d’un coup. Des images , des sensations, des sentiments enfouis au plus profond de mon être ont rejailli à la surface… J’ai ressenti physiquement la souffrance que j’avais connu, je me suis revue à la maternité, le choc, l’incompréhension, la colère… Garder le bébé 1 mois avec moi sachant que l’inéluctable aurait lieu… Espérer l’impossible, que peut-être elle aurait une chance, vu qu’elle continuait à se développer dans mon ventre… J’ai revécu ces heures les plus noires, où je restais prostrée, à regarder bêtement la télé et les programmes les plus stupides pour me vider la tête… Je revois le jour J, la maternité, la gentillesse de la sage-femme, la venue du bébé mort-né, les pleurs, les pleurs…

Toute cette douleur, je pensais l’avoir oubliée, écrasée, éradiquée à tout jamais. J’avais beaucoup de moments de black out, surement un masque que je m’étais mis pour avancer, pour ne plus souffrir. J’ai tout repris en pleine figure à l’annonce de cette terrible nouvelle qui m’a replongée dans la passé. Une grosse claque à laquelle je ne m’attendais pas. Cette blessure est finalement plus profonde que je ne pensais, elle était juste enfouie et attendait vicieusement un événement déclencheur pour refaire surface. Mais heureusement le temps a passé, et j’ai finalement accepté tous ces souvenirs comme faisant aussi partie de ce que je garde d’elle. Elle, Erika, la petite sœur qui n’est pas venue.

sunset

Comments

  1. says

    Je t’avais déjà dit que ton histoire me touchait beaucoup car ma meilleure amie a vécu le même genre d’histoire il y a près de 6 ans maintenant… l’âge de ma fille. (Nous étions enceinte en même temps)
    Je pense fort à toi… et à cette blogueuse que je ne connais pas… Bisous.

    • happy ever after says

      Une de mes amies était enceinte aussi en même temps que moi, à1 mois près, et ça a été dur dur à gérer… Mais l’amitié est la plus forte. Merci pour tes pensées <3

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.