Fantastique Murakami

Profitant d’une petite escapade parisienne, je suis allée voir l’expo de Takashi Murakami à la galerie Perrotin. Je n’en avais pas entendu parler, j’ai suivi les conseils d’une amie qui sait que j’apprécie ce créateur et… quelle claque !

Murakami est un artiste contemporain japonais, connu surtout pour ses fleurs souriantes, son univers onirique et son imagination débordante. Cette expo présente 40 œuvres toutes récentes et inédites de l’artiste. On y retrouve son univers très coloré et acidulé, avec une pointe d’imagerie manga et jeux vidéo, mêlé à quelques formes un peu trash, tout en s’inspirant de la philosophie bouddhiste et des traditions picturales japonaises. Son univers est nourri d’un imaginaire fantastique : il sculpte, peint, filme, se projette sur des formats divers, aux dimensions variées, du minuscule au géant. On y retrouve les symboles qui égrènent l’œuvre de Murakami, comme le crâne qui symbolise l’impermanence de nos vies, ou le cercle (série Enso) qui symbolise le vide, l’unité et l’infini dans le bouddhisme zen, tout en étant une forme de méditation.

On y voit aussi bien des toiles aux couleurs flashy que des monochromes acier où n’apparaît qu’un simple cercle tracé à la bombe… Ou encore une sculpture animée à l’effigie de l’artiste, surprenante de réalité ! Le clou de l’expo est une grande salle où plusieurs panneaux s’assemblent pour créer une seule œuvre monumentale. A couper le souffle!

Si vous aimez un peu l’univers hypnotique et décalé de cet artiste, foncez ! Tous les espaces de la galerie sont dédiées à cet expo, les œuvres sont souvent très grandes et on peut les apprécier de près ou de loin car elle se composent de multitudes de petits détails fascinants.

Je vous laisse avec quelques images… Mais point trop, histoire de vous laisser quelques surprises si vous y allez !

expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami expo Takashi Murakami

 

Jusqu’au 23/12/2016

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Les magnifiques portraits de Seydou Keïta

En ce moment a lieu au Grand Palais une rétrospective de Seydou Keïta. Photographe malien aujourd’hui mondialement connu, son travail ne sera découvert que tardivement en Europe, après des années de carrière en Afrique.

C’est en recevant un Kodak Brownie en 1935 qu’il va se laisser séduire par la photographie, en autodidacte. Il apprend tout en continuant son métier passion de mécanicien. Quelques années plus tard il acquiert un appareil à chambre pliable et fait lui-même ses tirages. Il ouvrira peu après son studio dans la cour de sa maison à Bamako.

Le succès est immédiat : grâce à ses idées de mise en scène, de poses et les divers accessoires mis à disposition (vespa, chapeaux, cravates…), il séduit rapidement la jeunesse qui s’émancipe et répond à leur envie de modernité. Il réalise ses portraits à la lumière naturelle, souvent en une seule prise, à la chambre 13×18 ; il les développe et les tire lui-même. Sa spécificité était de changer le fond de son studio photo avec différents tissus wax.

L’exposition présente ses tirages argentiques d’époque, sur la période  1949-1962, qui sont des tirages par contact, réalisés à l’aide d’un châssis presse, sans recours à un agrandisseur. D’autre tirages ont été refaits ultérieurement, parfois en grand format, et la qualité en est impressionnante.

Son studio a fermé en 1962, son travail découvert par hasard en 1991… ! Aujourd’hui il est considéré comme l’un des plus grands portraitistes du XXe siècle. Il cherchait inlassablement à magnifier les personnes qu’il photographiait. Ses portraits sont très beaux, la lumière joliment captée, les contrastes sont parfaits, tout comme les tirages. En résumé : le résultat est superbe ! Amateurs de photo noir et blanc, je ne peux que vous conseiller d’aller voir cet expo, elle dure encore quelques mois. Quelques images pour vous allécher…

seydou keïta seydou keïta seydou keïta seydou keïta seydou keïta seydou keïta seydou keïta


Rétrospective Seydou Keïta au Grand Palais, jusqu’au 11 juillet 2016

Volez, voguez, voyagez avec Louis Vuitton au Grand Palais

Lorsque je suis allée à l’expo Lucien Clergues, le vigile m’avait gentiment conseillé d’aller voir l’expo Vuitton, me disant qu’elle était vraiment superbe. J’avoue que ça m’a intrigué qu’il me dise ça, n’ayant pas trop le look d’une fille qui pourrait aimer Vuitton… Du coup j’y suis passée par curiosité avant d’aller chercher la gnomette à son atelier. Je pensais voir une toute petite expo, regarder vite fait de jolies choses… Mais non, c’est une très grande expo, très belle avec une magnifique scénographie. J’ai fait un tour rapide en 15 minutes et me suis promis d’y revenir plus longuement, car en effet le vigile ne m’avait pas du tout menti, et je ne voulais pas rester sur la frustration de n’avoir eu qu’un aperçu car tout avait l’air vraiment très beau avec une mise en scène originale.

J’y suis donc retournée et bien m’en pris : cette expo est absolument superbe. On y découvre les éléments forts du voyage chez Vuitton (malletier avant tout !) au cours du 20e siècle, le tout dans une mise en scène très intéressante, recherchée et étonnante.

Articulée autour de 9 thèmes, l’exposition présente les codes emblématiques et l’esprit audacieux de Louis Vuitton à travers ses élégantes créations dont les fameuses malles qui ont fait son succès. On y retrouve les éléments de distinction de la maison Vuitton comme les motifs de toile, les serrures, les rubans en capiton… et le fameux monogramme. Toutes les malles épousent les moyens de locomotion qu’elles empruntent, « sublimant » l’art du voyage. Dès sa fondation, la maison Vuitton se distingue par des innovations et inventions tant au niveau des formes que des motifs et des matériaux utilisés. Les créations sont des modèles d’ergonomie et sont déclinées pour chaque utilisation : malle plate, malle-armoire, malle-auto, malle-cabine, malle-courrier, malle-secrétaire, malle pour les chapeaux, malle tableau, malle-douche, malle-lit… Elle s’accompagnent d’accessoires en matière noble, mais aussi de joaillerie et de prêt-a-porter.

Cette exposition retrace le savoir-faire exceptionnel de Louis Vuitton, perpétré de père en fils pour sans cesse réinviter des bagages et sacs modernes, élégants, résistants et ingénieux. La visite se termine par une salle-atelier où l’on peut voir les « petites mains » à l’oeuvre.

Une scénographie au top, des objets d’exception, pour le plus grand plaisir des yeux. Le travail sur le cuir et le bois est impressionnant. Je vous avoue que ce n’est pas spécialement mon style, mais cela ne ma pas du tout empêché d’être éblouie par la beauté de tout ce qui est exposé.

Et bonus : cette exposition est gratuite… Alors, foncez (jusqu’au 21 Février)

NB : Cliquer sur les photos pour les voir en plus grand :) 

exposition Louis Vuitton au Grand Palais exposition Louis Vuitton au Grand Palais exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

exposition Louis Vuitton au Grand Palais

Lucien Clergues au Grand Palais

Depuis que j’ai repris le labo photo, j’essaye d’aller plus régulièrement voir des expos photos. Récemment je suis allée voir celle de Bernard Descamps, superbe expo… J’aurai vraiment aimé vous la présenter mais j’y suis allée le dernier jour… J’ai aussi vu celle de Philippe Halsman au Jeu de Paume, très très médiatisée, mais qui j’avoue ne m’a pas vraiment emballée. Par contre l’exposition hommage du Grand Palais à Lucien Clergues m’a beaucoup plu, de par la qualité du travail photographique mais aussi  par la mise en scène un peu particulière, voire radicalement différente, des expos photo habituelles.

Lucien Clergues est un photographe français du XXe siècle. Il se lance dans la photographie dans les années 1950, et c’est en provoquant une rencontre avec Picasso pour lui montrer ses photos que son avenir de photographe sera lancé (et le début de son amitié avec le créateur). En 1968 il fonde « les rencontres internationales de la photographie d’Arles », festival où il invite les plus grands photographes du monde entier. Il est également à l’origine de la création de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 1982.

Il réalise de nombreuses séries de photos, parmi les plus connues on trouve les nus, les paysages de Camargue et la Corrida (que l’on peut voir au Grand Palais). Cette exposition montre aussi quelques autres thèmes qui lui sont chers comme le langage du sable, les gitans… Mais le « clou » de cette expo est sans nul doute le mur recouvert de 189 photos sur la nature. De belles compositions sur des détails de paysage jouant sur la matière et la lumière. On aime ou non cette façon de présenter les photos… Personnellement j’ai adoré, j’ai arpenté ce mur un grand nombre de fois pour être sûre de ne rater aucune des ces superbes photos. De loin, et de près.

lucien clergues au grand palais lucien clergues au grand palais lucien clergues au grand palais lucien clergues au grand palais
lucien clergues au grand palais

L’expo se termine le 15 février 2016. A bon entendeur…

Roger Waters – The wall

the wall

Mardi dernier a eu lieu la projection en séance unique de The Wall, film sur le concert de l’album éponyme des Pink Floyd. On y voit le concert bien sûr, entrecoupé de scènes illustrant le voyage initiatique de Roger Waters sur les traces de son père et de son grand-père, tous deux décédés sur le champ de bataille.

Ce film oscille donc entre le documentaire et le show. On y découvre le concert presque entier de The Wall version années 2010, simplement grandiose, énorme, époustouflant : une scène sur le devant de laquelle des briques s’assemblent pour construire le mur, chaque brique étant un écran sur lequel des vidéos sont projetées. Le mur se construit au fur et à mesure du spectacle, jusqu’à ce qu’il soit fini, avant finalement d’être détruit. Le show est uniquement consacré à l’album The Wall, joué dans son intégralité, et surtout dans l’ordre du disque, car c’est une histoire qui y est racontée.  Celle de Waters et de son enfance sans père, avec une mère possessive, ses déboires à l’école, ses soucis conjugaux… mais aussi la paranoia dévorante de cette rock star, qui se construit un mur pour se protéger, de lui, de ses fans, mais aussi des systèmes totalitaristes et de la violence des états qui sont aussi dénoncés dans ces chansons.

Ce film, grâce aux apartés montrant Waters lors de sa quête spirituelle sur les tombes de son père et de son grand-père, nous aide à mieux comprendre le pourquoi et l’histoire derrière The Wall.

J’en ai pris plein les yeux, plein les oreilles, et je regrette de ne pas avoir vu le show en vrai. C’est très impressionnant ! Ce spectacle à la pointe de la technologie, a été filmé en 4K dans différents stades du monde et avec un son Dolby Atmos. C’est une production monumentale entre effets pyrotechniques, jeux de marionnettes et d’animations, et un son à 360°. J’ai ressenti pas mal de  frustration de ne pas pouvoir participer plus activement, comme lever le poing et crier « Tear down the wall » avec la foule, ou simplement applaudir… ! J’ai aussi versé quelques larmes car certains morceaux de ce disque me touchent beaucoup, ils sont aussi très liés à mon enfance. J’ai grandi avec The Wall, j’avais 7 ans quand le disque est sorti et je m’en souviens encore, la pochette, les paroles avec cette écriture manuelle si difficile à lire pour un enfant… et l’écoute en boucle, avec mon père.

Alors pour les fans, je recommande, pour les curieux, aussi, et pour les autres… à découvrir, The Wall est un chef d’œuvre musical qui transcende le temps, avec son histoire et son univers si particulier.